La Cosmopif 300 au salon de l'auto

— Comment ça elle existe pas ? Mais si, puisqu'elle est là, regarde !

Je collai alors sous le nez de mon père ma dernière revue PIF Gadget.

— Frédo, ce n'est qu'un dessin ; cette voiture n'est pas réelle...

— Si, elle l'est ! D'ailleurs, je vais la commander au Père Noël...

Si j'avais su alors que le mystérieux gros bonhomme à la moustache blanche et à l'habit rouge, c'était lui,

sans nul doute j'en aurais pleuré jusqu'à finir en poudre !

 

 

  

Je devais avoir sept ou huit ans à l'époque.

J'y croyais dur comme fer.

Pour moi, cette voiture existait, et il était clair dans ma tête que,

tôt ou tard, cette voiture serait à moi.

 

J'ai donc fait ma lettre au Père Noël, auquel je croyais aussi,

et l'ai déposée dans le sapin, en plein milieu bien en évidence,

afin qu'il ne la zappe surtout pas.

Je lui avais également commandé un magnétophone,

et une troisième chose ; quoi, je ne sais plus.

 

Je me rappelle très bien avoir reçu le magnétophone,

mais point de Cosmopif. Ni dans le jardin, ni dans le salon.

Je décidai d'écrire une lettre de réclamation à Papa Noël,

mais mon père m'en dissuada ; le Père Noël ne passe qu'une fois...

 

Je dus alors me consoler avec le magnétophone.

Celui-ci avait un petit gadget qui finit par effacer mon chagrin ;

il avait quatre petits rectangles lumineux de différentes couleurs,

qui clignotaient lorsqu'on les actionnait.

 

Bien maigre gadget comparé à ceux de la Cosmopif !

Celle-ci était amphibie, avait un tableau de bord d'avion, pouvait aller dans les airs et dans l'espace.

Entre autres armes de destruction massive, figuraient un éjecteur arrière d'huile, un autre de clous.

Et le fin du fin : une mitrailleuse à tomates !!!

 

Je me rappelle encore menacer les copains de l'école qui refusaient de céder à mes caprices :

— Attends quand j'aurai ma Cosmopif, je vais te bombarder avec ma mitrailleuse à tomates !

D'aucuns m'avaient grassement rigolé au nez... Il faut admettre qu'il y avait eu de quoi !

 

Quoiqu'il en soit, je constate quarante plus tard que le fameux engin n'existe toujours pas.

Du moins, pas tel qu'il avait si bien été présenté dans la revue qui m'avait fait croire en l'incroyable.

Oh, un tel appareil est constructible, je n'en doute pas.

Seulement, il va falloir mitrailler souvent pour empêcher les tomates de pourrir !

Mais à bien y réfléchir, ça ne devrait pas poser de problème ;

voilà qui devrait plaire aux adeptes de la "Tomatina"...

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Fred Albarane, écrivain et artiste

31000 TOULOUSE

 

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