La maison-cathédrale

Décembre 2003.

 

Je n'ai pas le souvenir de ce à quoi elle ressemblait de l'extérieur.

Tout ce dont je me souviens, c'est de sa beauté intérieure.

 

Tous les sols de cette maison, les murs, les colonnes et les balcons intérieurs sont en pierre blanche.

Une pierre d'une solidité telle, qu'on ne peut la voir et la ressentir qu'en rêve...

Son hall d'entrée, gigantesque, fait office de salon, séjour et salle à manger.

Le tout est baigné d'une lumière d'une blancheur surprenante, laquelle, partant du hall, irradie toute la maison.

De ce hall partent plusieurs escaliers, certains droits, d'autres en colimaçon,

menant tous à un dédale de couloirs sans fin.

J'emprunte l'un de ces escaliers, puis ces couloirs,

passant devant d'innombrables portes, fermées à clé pour la plupart.

Ces mêmes portes qui pourtant ouvrent sur des salles stratégiques,

dans lesquelles, j'en suis sûr, se trouvent les réponses à toutes mes questions...

 

Qu'à cela ne tienne, je continue mon chemin.

À travers ces longs couloirs qui n'en finissent pas.

Je monte d'autres escaliers encore, me conduisant toujours plus haut dans cette maison titanesque.

Je passe plusieurs cours intérieures, toutes baignées de cette lumière surnaturelle.

À plusieurs endroits, de l'eau. De l'eau qui coule. De l'eau, encore et toujours...

 

Je monte un dernier escalier ; il semble que ce soit le dernier.

Je suis donc à l'ultime étage, au sommet de l'édifice.

Encore un couloir. Encore un nombre incalculable de portes fermées à clé.

Au bout de ce couloir pourtant, une porte entrouverte...

 

Sur un lit qui semble confortable, j'aperçois un jeune couple.

Ils sont tous les deux très beaux.

Ils semblent détendus ; la jeune femme a un bras qui pend nonchalamment à un côté du lit.

On dirait qu'ils viennent de faire l'amour.

Ils semblent heureux...

 

Soudain, la jeune femme se saisit d'un couteau caché sous le lit, opère un grand arc de cercle de son bras,

et vient le planter dans la gorge de son amant !

Celui-ci détenait un secret qu'elle ne voulait que personne ne sache...

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Ce fut neuf années plus tard que je visitai Barcelone et découvris pour la première fois l'intérieur de la Sagrada Familia.

 

Quelle ne fut pas ma stupéfaction !

Les murs, les colonnes, les balcons intérieurs, la pierre blanche...

Je cherchais désespérément

un grand escalier droit, sait-on jamais.

En vain.

Des colimaçons, oui. À la pelle.

 

Je restai plusieurs heures dans cet univers étrange,

baigné d'une atmosphère particulière.

 

 

Y avait-il un jeune couple dans les hauteurs ?

Dont la femme s’apprêterait à trucider l'homme détenteur d'un grand secret ?

 

Je ne le saurai jamais...

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Fred Albarane, écrivain et artiste

31000 TOULOUSE

 

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